D’après notre correspondant du média BUZZ du jour, des mouvements de troupes inhabituels sont observés dans le Nord-Kivu. Selon des informations recueillies sur place, les rebelles du M23/AFC ont entamé un retrait significatif de plusieurs localités stratégiques.
Dans le territoire de Lubero, les combattants ont quitté leurs positions. Plus au sud, dans le Walikale, les localités de Minjenje et Mpeti ont également été évacuées. Des témoignages concordants font état de convois de camions militaires de marque Kamaz transportant à la fois des soldats et du matériel lourd, roulant en direction du nord.
Les raisons du mouvement : entre diplomatie et tactique
Sur les motivations exactes de ce repli, les analystes restent partagés. Plusieurs sources avancent qu’il s’agirait d’une application concrète de l’accord de Washington, signé le 4 décembre 2025 sous l’égide des États-Unis. Ce texte prévoit un désengagement militaire et le retrait des forces étrangères du sol congolais .
Cependant, des observateurs plus sceptiques y voient avant tout un repositionnement stratégique. Depuis des semaines, le groupe armé a subi une pression diplomatique intense. La société civile locale avait notamment dénoncé le caractère « conditionnel et manipulateur » d’un retrait qui pourrait viser à alléger la pression internationale tout en consolidant les positions ailleurs .
Un contexte de tensions persistantes
Ce mouvement intervient dans un climat de grande instabilité. Bien que des annonces de retrait aient été faites dans certaines zones comme Uvira au Sud-Kivu, Kinshasa reste sur ses gardes, qualifiant ces opérations de « manœuvres » et appelant à la vigilance . Les États-Unis, tout en se félicitant des avancées diplomatiques, ont récemment rappelé l’ampleur du soutien militaire rwandais au M23, soulignant que des milliers de soldats rwandais restaient présents sur le terrain ces dernières semaines .
Sur le terrain, les populations locales observent avec une méfiance mêlée d’espoir ces mouvements de troupes, espérant une accalmie durable après des mois de combats intenses qui ont déjà provoqué des déplacements massifs et une crise humanitaire aiguë dans la région du Lubero et du Walikale .
La situation reste toutefois volatile. Si le retrait se confirme, il pourrait marquer un tournant dans le conflit, à condition que ces gestes unilatéraux se transforment en engagements fermes dans le cadre du processus de paix.
Aristote TALY
