Kisangani, 5 mars. Profitant de la période des vacances parlementaires, le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a effectué une descente stratégique au port de l’ONATRA de Kisangani, accompagnée d’une visite au dépôt de ciment de l’entreprise PPC Barnet RDC.


Cette démarche s’inscrit dans une logique claire : évaluer la disponibilité des matériaux de construction et contribuer à l’amélioration du climat des affaires dans la province de la Tshopo.
Sur place, l’élu de la Tshopo a tenu à vérifier la présence effective du ciment PPC B sur le marché local, un matériau devenu stratégique pour soutenir la dynamique de construction et les projets d’infrastructures dans la ville de Kisangani.

« Nous sommes au port de l’ONATRA pour nous assurer que le ciment PPC B est disponible sur le marché de Kisangani. Le développement d’un pays dépend aussi de l’accès aux matériaux de construction. Lorsqu’ils manquent, cela devient un véritable frein », a-t-il déclaré.
LA QUESTION DU PRIX DU CIMENT AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS
Au-delà de la disponibilité du produit, la question du coût du ciment reste au centre des préoccupations. Selon le sénateur, plusieurs facteurs fiscaux alourdissent aujourd’hui le prix final du produit sur le marché.
Il cite notamment la TVA de 16 % appliquée sur le ciment, alors que ce produit bénéficiait auparavant d’un régime d’exonération, ainsi que les taxes de consommation provinciales et d’autres prélèvements qui pèsent sur la structure des prix.
Cette situation impacte directement l’accessibilité du matériau pour les ménages et les professionnels du bâtiment.
PLAIDOYER POUR DES MATÉRIAUX ACCESSIBLES
Pour Jean Bamanisa Saïdi, le développement économique passe inévitablement par des matériaux de construction accessibles et à des prix raisonnables.
Dans cette optique, le Club BTP et la Chambre des métiers et de l’artisanat plaident pour une révision de certaines charges fiscales afin de soutenir la construction et stimuler les investissements dans les provinces de l’intérieur.
Il rappelle également que ce plaidoyer a déjà été porté au plus haut niveau de l’État, notamment par le président de la Fédération des Entreprises du Congo, auprès du chef de l’État.
LA CONCURRENCE DES PRODUITS IMPORTÉS
Autre préoccupation soulevée : la concurrence de certains produits importés qui arrivent sur le marché local à des prix plus bas.
Selon lui, certains ciments en provenance de pays voisins, notamment d’Angola ou du Congo-Brazzaville, pénètrent parfois le marché à des coûts inférieurs, notamment parce qu’ils échappent à certaines charges fiscales.
À l’inverse, souligne-t-il, PPC Barnet RDC respecte l’ensemble des obligations réglementaires et fiscales en vigueur en République démocratique du Congo.
FAVORISER LES MARCHÉS INTÉRIEURS
Dans son intervention, le sénateur insiste enfin sur la nécessité de renforcer les circuits d’approvisionnement vers les marchés intérieurs, notamment vers les villes comme Iro ou Kindu, en réduisant les coûts de départ du ciment.
Un ajustement qui permettrait, selon lui, de faciliter l’acheminement des matériaux et de mieux répondre aux besoins croissants de la population en matière de construction et d’infrastructures.
Dans une ville comme Kisangani, où l’approvisionnement en ciment dépend largement du transport fluvial depuis d’autres provinces, la disponibilité et la stabilité des prix demeurent des enjeux majeurs pour l’économie locale et les projets immobiliers.
À travers cette visite de terrain, Jean Bamanisa Saïdi réaffirme ainsi une conviction simple mais essentielle : le développement passe aussi par l’accès équitable aux matériaux de base qui façonnent les infrastructures et l’avenir des villes congolaises.
Aristote TALY
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