Kisangani, RDC – Au cœur d’une controverse brûlante qui secoue la République Démocratique du Congo, le Fonds Spécial de Réparation de l’Indemnisation aux Victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) se retrouve sous les feux des projecteurs. Alors que l’espoir d’une justice tant attendue vacille pour des milliers de victimes, la Coordination intérimaire, dirigée par Monsieur Chançard BOLUKOLA, a brisé le silence. Dans une réplique cinglante, elle démonte les allégations de la Secrétaire-Rapporteure du FRIVAO, Mimy MOPUNGA MAKENDENI, et lève le voile sur une gestion financière complexe, parfois trouble, qui menace l’intégrité même du processus d’indemnisation.

I. Contexte Explosif: Le Mandat Sacré du FRIVAO Face aux Drames Humains
Créé par le Décret n° 19/20 du 13 décembre 2019, le FRIVAO est l’incarnation de la promesse de justice pour les victimes des atrocités ougandaises en RDC. Son rôle : répartir les 325 millions de dollars américains octroyés par la Cour Internationale de Justice (CIJ) en réparations, une somme colossale destinée à apaiser des drames humains inqualifiables, des vies brisées, des biens détruits et des ressources naturelles pillées. Un acte de souveraineté et de réparation nationale, supervisé par le Président Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO.

Pourtant, cette noble mission s’est rapidement heurtée à un vortex de suspicions et de dysfonctionnements. La réhabilitation de la coordination Mwarabu, le prédécesseur de l’actuel comité intérimaire, a marqué le début d’une période caractérisée, selon le document, par des allégations de « règlement de comptes politiques » et une « mauvaise foi » qui ont transformé le FRIVAO, censé être un organe technique, en une tribune de discorde.
II. Accusations Virulentes et Contre-Vérités: Le Cœur de la Tempête Médiatique
Madame Mimy MOPUNGA MAKENDENI, Secrétaire-Rapporteure du FRIVAO, a déclenché une déflagration médiatique en affirmant, sur les ondes et les réseaux sociaux, que sur les 325 millions de dollars alloués, il ne resterait que 150 millions. Elle a également critiqué l’octroi de 2 000 USD par victime bénéficiaire, le qualifiant de « mauvaise option » ayant faussé les calculs financiers.
Des propos catégoriquement réfutés par la Coordination Bolukola, qui dénonce des « affirmations inexactes » ne reflétant « nullement la réalité », et accusant l’ancienne coordination de « torpiller la vérité au quotidien ».
III. La Radiographie Financière par Bolukola: Des Chiffres qui Parlent d’eux-mêmes
Pour rétablir les faits, la Coordination Bolukola a présenté une radiographie financière sans concession. Il est crucial de comprendre que les 325 millions USD ne sont pas directement versés au FRIVAO. Ces fonds transitent d’abord par un compte du Ministère de la Justice (n° 01024845401-28 USD), et 18% sont légalement retenus par l’État congolais pour les dommages aux ressources naturelles. Ce n’est qu’ensuite que la part du FRIVAO est versée sur son propre compte (n° 0510100982626001-90 USD).
Au 16 juin 2025, la RDC n’avait reçu que quatre tranches, loin des 325 millions USD totaux. Le FRIVAO, lui, avait perçu un montant global de 154 706 340,94 USD. Voici la répartition sous les différentes coordinations :
- Sous la coordination MWARABU (avant suspension) : Deux tranches, totalisant 105 135 000 USD (52 975 000 USD le 11 août 2023 et 52 160 000 USD le 5 juin 2024).
- Sous la coordination BOLUKOLA (après suspension) : Une tranche de 49 571 340,94 USD le 4 décembre 2024.
- La quatrième tranche a été perçue après la suspension, sous la tutelle directe du Ministre de la Justice, Guillaume NGEFA ATONDOKO.
Dès lors, les affirmations concernant les 150 millions USD restants sur 325 millions USD relèvent, selon la coordination intérimaire, d’une « grave confusion des chiffres, une absence de maîtrise des règles de décaissement, voire une volonté délibérée de désinformer l’opinion publique. »
IV. L’Indemnisation des Victimes: Quand la Vérité Dépasse la Rumeur
Quant au paiement forfaitaire de 2 000 USD par victime, il n’est pas une initiative de la coordination BOLUKOLA. Ce mécanisme a été instauré sous la coordination MWARABU, après concertation avec le Conseil d’Administration, le Ministre de la Justice d’alors (Constant MUTAMBA TUNGUNGA) et les associations de victimes. Des paiements, dont un illustratif de 10 000 USD pour cinq victimes, ont même été officiellement lancés sous Mgr MWARABU le 5 août 2024.
Le processus avait été temporairement suspendu en raison de « malentendus et d’irrégularités constatés au niveau de la banque », notamment des « listes de victimes dont la véracité était sujette à caution ». C’est pour cela qu’une commission ad hoc rigoureuse, incluant la société civile, les droits de l’homme et les forces de l’ordre, a été mise en place.
V. Le Lourd Héritage: Malversations et Incohérences Sous l’Ancienne Coordination
Le document révèle des faits accablants concernant la période MWARABU :
- Gestion Financière Douteuse : Outre un « transfert controversé » de 2 648 750 USD vers le Ministère de la Justice, des retraits « irréguliers » de 172 800 USD pour frais d’installation et de 580 371,92 USD sur les fonds d’indemnisation sont pointés du doigt, alors même que le comité Mwarabu n’avait indemnisé que 106 victimes sur 3 163 certifiées sur un premier lot.
- Fausses Victimes et Listes Fantômes : Le Coordonnateur MWARABU lui-même avait reconnu la détection de « fausses victimes ». L’audit de l’actuelle coordination a révélé que 603 prétendues victimes ne se sont jamais présentées ou ne disposent d’aucun élément probant. Des « incohérences graves » entre la base de données et les fiches individuelles d’identification ont mené à la suspension de Madame LIKOKE Albertine et Monsieur LESSA LUYEYE Doudou, cadres de l’ancienne coordination.
- Exploitation des Victimes : Des membres d’associations de victimes auraient monnayé l’identification dans certaines localités, sans mandat du FRIVAO.
Malgré la gravité de ces faits, aucune enquête approfondie ni poursuite judiciaire n’a encore été diligentée, déplore la Coordination Bolukola.
VI. L’Espoir Retrouvé: Bolukola Redonne Confiance et Transparence
Sous la houlette de Monsieur Chançard BOLUKOLA, l’espoir renaît. En huit mois de gestion, le nombre de bénéficiaires indemnisés est passé de 106 à 14 309 victimes, pour un montant total de 28 834 400,00 USD d’indemnisations individuelles, contre 108 960 USD sous la coordination précédente. Des antennes ont été déployées dans l’est du pays pour rapprocher le processus des victimes.
La coordination Bolukola a laissé un solde de 97 383 752,83 USD, démontrant une gestion plus rigoureuse et transparente des fonds disponibles.
VII. Un Appel Émouvant à la Vigilance et à la Responsabilité
Face à ces révélations, la Coordination BOLUKOLA lance un appel vibrant :
- Aux victimes : Faire preuve de vigilance, ne pas accepter les déclarations infondées, et s’en tenir aux faits vérifiables et documentés. Faire confiance aux plus hautes autorités du pays.
- À l’ancienne coordination MWARABU : Faire preuve de responsabilité, se consacrer pleinement à sa mission, et cesser toute désinformation.
La Coordination Bolukola réaffirme son engagement total envers la transparence, l’efficacité et le respect des attentes légitimes des victimes. Elle invite l’opinion publique à la soutenir dans sa quête de vérité et de justice, prouvant que des « actes concrets », et non de simples « discours », sont la clé pour panser les blessures d’une nation.
Rédaction: Aristote TALY
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