L’Union Européenne se prépare à investir des milliards à travers le programme Global Gateway. La République Démocratique du Congo (RDC) est-elle prête à en tirer parti ? Rien n’est moins sûr. À l’issue du Forum des Villes et des Régions pour les Partenariats internationaux 2025 tenue au Parlement Européen à Bruxelles du 8-11 Décembre , le sénateur Jean Bamanisa Saïdi n’a pas fait preuve de diplomatie de façade. Avec une lucidité chirurgicale, il a dressé un diagnostic sans concession : sans une révolution administrative immédiate, les méga-projets risquent de n’être que de vains discours.

Une Intervention Retentissante
Cette prise de parole a résonné tel un coup de semonce. Alors que les projecteurs sont braqués sur les promesses d’investissements européens, Jean Bamanisa, figure incontournable du développement territorial et sénateur averti, a choisi de démasquer les faiblesses pour assurer une croissance sur des fondations saines. Au micro d’Éric Lukuki sur Top Congo FM, l’ancien gouverneur a abandonné la langue de bois pour dévoiler le véritable talon d’Achille menaçant l’ambition congolaise : l’état comateux de l’administration publique locale, provinciale et nationale de la RDC issu de la Décentralisation définie par la Constitution de 2006.

L’Urgence d’une « Thérapie de Choc » Administrative
Pour le sénateur, l’équation est impitoyable. À quoi bon signer des contrats à neuf chiffres si l’architecture administrative censée les soutenir est en ruine ? Bamanisa dépeint une désorganisation systémique paralysant la chaîne de commandement, du sommet de l’État jusqu’aux chefferies, en passant par les communes et les provinces.
Le constat est d’une dureté implacable : nos Entités Territoriales Décentralisées (ETD), bien que théoriquement autonomes et piliers de la République, souffrent d’une impéritie structurelle. La fiscalité et la parafiscalité ou mieux la tracasserie y règnent en maîtres, plongeant le secteur dans le chaos et empêchant toute planification sérieuse. Ce n’est plus un simple dysfonctionnement ; c’est une hémorragie de compétences qui rend inopérante la coopération décentralisée, voulue depuis un quart de siècle.
Le « Corridor Vert » : Laboratoire d’un Nouveau Paradigme


Loin de se limiter à la critique, Jean Bamanisa propose une stratégie d’une intelligence rare, visant à transformer le Global Gateway en levier de refondation de l’État. Au cœur de sa vision se trouve un contrat structurant concernant le couloir vert reliant le Nord Kivu à Kinshasa, traversant d’autres pôles de développement. L’idée, révolutionnaire par son pragmatisme, ne se limite pas à tracer une route ou à planter des arbres, mais aspire à créer un écosystème économique viable.
Le sénateur projette un mécanisme de financement vertueux, où les revenus générés par la préservation environnementale (crédits carbone, services écosystémiques) seraient réinvestis exclusivement dans le renforcement de l’ingénierie administrative, et non pour combler des trous budgétaires.
Vers une Tutelle Technique de Haut Niveau ?
C’est ici que la proposition devient audacieuse. Bamanisa appelle à une intervention directe de l’Europe — ou à travers des partenaires africains expérimentés — non pas pour agir à la place des Congolais, mais pour restaurer la colonne vertébrale de l’État. Il plaide pour un soutien technique massif financé par ce « contrat vert ». L’objectif est clair : renforcer les capacités organisationnelles de ces « mini-États » que sont les ETD. Sans cette injection de compétences et de rigueur administrative, le sénateur anticipe que la RDC continuera à naviguer à vue, incapable de capter véritablement la valeur ajoutée des partenariats internationaux.
L’IMPACT DES FONDS DU CONTRAT VERT
Ces fonds, générés par le contrat vert, joueront un rôle clé. Ils serviront non seulement à la reconstruction des infrastructures de l’administration publique à tous les niveaux — bâtiments, matériel, connectivité, capacités d’archivage — mais également à la mise en place de procédures administratives claires. Au-delà de ces réformes structurelles, il est indispensable d’assurer une formation continue. Le renforcement des capacités doit être un effort permanent afin que les agents de l’administration, qu’ils soient au niveau central, provincial ou local, maîtrisent efficacement les procédures de gestion publique.
De plus, ces agents devront être formés aux principes d’aménagement du territoire, une connaissance cruciale qui constituera la base même de la planification, de l’occupation rationnelle des sols et de l’interconnexion entre les services publics.
Le Corridor de Lobito dans lequel les USA et l’UE sont impliqués, devra également générer des revenus à travers les services de logistique, d’exploitation des ressources naturelles, afin d’alimenter le Fond Logistique Sud RDC, afin de construire les agglomérations impactées par le chemin de fer et ses bretelles.
Ce schéma, proposé par le sénateur Jean Bamanisa Saïdi, s’inscrit dans une vision ambitieuse pour la RDC, prônant un véritable tournant vers une gouvernance efficace et durable.
En somme, Jean Bamanisa ne réclame pas l’aumône à l’Europe ; il exige que la RDC s’élève au niveau nécessaire pour traiter d’égal à égal. Ce discours de vérité, dur et franc, est indispensable pour éviter que le Global Gateway ne soit qu’un énième rendez-vous manqué avec l’histoire.

Au Gouvernement Centrale et aux deux Chambres de se saisir de ces propositions utiles afin de ne pas paraître comme des spectateurs lors des prises de décisions multilatérales avec nos partenaires !
Soyons efficaces !
Rédaction: Aristote TALY
+243820103618
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